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De grandes attentes pour le budget fédéral

Le ministre des Finances du Canada, Bill Morneau. Photo archives #ONfr

TORONTO – Alors que le budget fédéral sera déposé le mercredi 22 mars, les organismes francophones en contexte minoritaire et le gouvernement ontarien attendent de pied ferme les investissements.  #ONfr s’est intéressé à quelques-uns de ces enjeux.

JEAN-FRANÇOIS MORISSETTE
jmorissette@tfo.org | @JFMorissette72

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

Un sentiment d’urgence

Satisfaits l’an passé et patients vis-à-vis d’un nouveau gouvernement libéral, les organismes francophones en contexte minoritaire espèrent un peu plus cette année. Si la nouvelle Feuille de route pour les langues officielles reste attendue avec encore plus d’impatience, quelques signes forts sont espérés dès ce budget 2017.

Il faut dire qu’il y a urgence, selon la Fédération culturelle canadienne-française (FCCF).

«Même si c’est difficile de choisir une priorité pour ce budget, tout étant relié, la question du financement de nos organismes est centrale. Si on ne les a pas pour soutenir le secteur culturel, on va avoir un gros problème. Sans financement de base additionnel, on risque d’avoir plusieurs fermetures dans les prochaines années», s’inquiète le président de la FCCF, Martin Théberge.

Le financement des organismes francophones est gelé depuis plusieurs années et déjà l’an dernier, la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada espérait que le gouvernement indexerait les fonds attribués aux organismes et aux institutions de la francophonie canadienne, sans succès toutefois.

«Les dépenses augmentent, mais les revenus n’ont pas augmenté depuis au moins dix ans. On pense qu’il faudrait une hausse de 15 % du financement de base des organismes des communautés de langue officielle en situation minoritaire pour répondre aux besoins.»

 

Infrastructures

L’an dernier, le gouvernement fédéral a annoncé lors du budget la création d’une «banque canadienne des infrastructures» avec un fond de près de 35 milliards de dollars. Toutefois, depuis son dévoilement, peu de détails ont filtré sur la teneur des projets qui seront financés et la part qui doit être réservée à l’Ontario.

Les municipalités ontariennes attendent donc avec impatience le dévoilement de ces fonds, notamment la municipalité de Toronto, qui souhaite avoir une bonne part du gâteau en la matière.

Le maire de la plus grande ville au Canada, John Tory, a d’ailleurs déclaré en début de semaine que les besoins de sa municipalité sont criants et que les bénéfices de ces dépenses seraient «exponentielles» si le gouvernement fédéral embarquait dans le bateau avec lui.

John Tory a entre autres rappelé que les besoins en transports en commun sont énormes à Toronto et que la municipalité a grand besoin de financement, notamment pour payer le coût de l’ajout des stations de métro.

Des investissements dans les routes, les aéroports et les ports ont également été demandés par la classe d’affaires ontarienne dans le but de stimuler l’économie de la province.

Selon les reportages de plusieurs médias basés sur la colline parlementaire à Ottawa, dont le Globe and Mail, le prochain budget du ministre des Finances fédéral, Bill Morneau, doit contenir de nouveaux détails quant à l’usage de ces fonds.

 

Culture et arts

Le président de la FCCF mentionne également les besoins en infrastructures culturelles et artistiques, mais aussi en ressources humaines pour gérer ces infrastructures.

«Il y a une grande disparité d’une province à l’autre. Certaines communautés sont bien loties, surtout quand la province et le fédéral travaillent ensemble, mais d’autres utilisent des équipements vieillissants qui donnent l’impression que nous sommes des citoyens de seconde classe.»

Interrogé par #ONfr, le gouvernement de Justin Trudeau, par la voix de l’attachée de presse du ministre des Finances, Bill Morneau, fait planer le suspense.

«Notre gouvernement a pour priorité de promouvoir la vitalité de nos deux langues officielles et d’appuyer nos communautés linguistiques en situation minoritaire. Nous ne pouvons pas spéculer sur ce qui se trouvera dans le Budget 2017.»

 

Logements abordables

Les besoins de l’Ontario en matière de logements abordables sont très élevés. Avec les coûts des loyers en constante croissance dans la province, le ministre des Finances de la province, Charles Sousa, s’est tourné vers son homologue fédéral, Bill Morneau, pour demander une intervention d’Ottawa dans le but de refroidir le marché. Selon M. Sousa, le fédéral devrait augmenter le taux d’inclusion des gains en capital à 50 % sur la vente de logements résidentiels.

Le ministre des Finances ontarien n’a toutefois pas exclu d’autres mesures, rappelant également que son gouvernement avait agi au cours des derniers mois pour s’attaquer aux problèmes.

Entre temps, la Fédération canadienne des municipalités (FCM) milite pour que des mesures augmentant le financement de logements abordables soient inclus dans le deuxième budget Morneau. Simplement à Toronto, près de 100 000 familles sont en attentes d’un tel logement. Selon la FCM, sans investissement majeur dans les prochaines, le potentiel économique du pays en souffrira puisque les familles moyennes au pays verront leur potentiel économique grandement réduit sans refroidissement du marché.

Un cri du coeur lancé également par le maire de la métropole canadienne, John Tory, sur la question.

Au Canada, un locataire sur cinq consacrerait plus de la moitié de son budget mensuel pour payer son logement.

Jean-François Morissette
Jean-François Morissette
jmorissette@tfo.org @jfmorissette72