#Francophonie

Coup d’accélérateur pour la Maison de la francophonie de Toronto

Le drapeau franco-ontarien devant l'hôtel de ville de Toronto. Archives, #ONfr

[EXCLUSIF]
TORONTO – Des représentants du cabinet du maire de Toronto, John Tory, rencontrent maintenant sur une base régulière le comité du projet de la Maison de la francophonie. L’arrivée d’un nouveau gouvernement fédéral permet aussi un alignement des planètes qui pourrait profiter au projet.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

Le projet de Maison de la francophonie de Toronto attend de voir le jour depuis une trentaine d’années. Malgré le travail acharné de certains bénévoles, le projet piétinait en raison du manque d’intérêt de la classe politique. Au cours des dernières semaines, tout a changé.

«Lors de son entrevue avec #ONfr, le maire de Toronto a donné son appui au projet. Ça a fait débloquer les choses à la Ville. Il démontre maintenant sa sincérité en demandant à son cabinet de suivre le projet afin qu’il voie le jour», a confié une source près du dossier.

Deux rencontres se sont déjà déroulées entre ces intervenants en décembre. Une troisième est prévue en février. Il a été question des édifices municipaux qui pourraient éventuellement accueillir la Maison de la francophonie, selon les informations qui ont filtré.

Les représentants du maire John Tory fournissent aussi des conseils permettant aux membres du comité de la Maison de s’y retrouver au sein de l’appareil municipal torontois. «Le projet est réellement plus vivant qu’il ne l’était il y a six mois», selon notre source.

En octobre dernier, le maire Tory avait appuyé officiellement le projet. «Il serait possible [pour la Ville] de contribuer à une maison francophone grâce à une contribution immobilière. Les francophones et anglophones sont les deux cultures à l’origine de notre pays. Je veux aider le projet avec cette idée», affirmait alors le maire de la Ville reine.

La possibilité pour la Maison de la francophonie de s’installer gratuitement ou à faible coût dans un bâtiment municipal pourrait réduire le coût du projet qui était auparavant estimé à 25 millions $.

 

Alignement des planètes

Le nouveau premier ministre canadien, Justin Trudeau, est aussi bien au fait du projet et il l’appuie. En janvier 2014, il a même participé à une soirée-bénéfice dédiée à financer la future Maison de la francophonie. Son gouvernement pourrait rapidement souhaiter faire sa part financièrement, selon notre source. «Mélanie Joly a reçu un mandat pour faire la promotion de la francophonie et augmenter la visibilité des minorités. La Maison de la francophonie rentre exactement dans son mandat», dit-elle.

Mais selon cet intervenant, le gouvernement provincial a encore droit de vie ou de mort sur le projet.

Lors d’une entrevue à la fin décembre, Madeleine Meilleur, ministre déléguée aux Affaires francophones, a confirmé que le contexte s’est transformé récemment. «Le gouvernement fédéral est plus sympathique à la francophonie et le maire de Toronto est prêt à collaborer, ça change les choses», a-t-elle indiqué. «Mais la priorité du gouvernement ontarien reste l’université francophone. Si on est seul et que nous avons 25 millions $ à mettre dans un projet, ce sera l’université. Mais avec des partenaires, on peut faire les deux».

La première ministre Kathleen Wynne, interpelée à l’automne par la francophonie torontoise sur ce sujet dans une lettre ouverte publiée dans différents journaux, a confirmé récemment à #ONfr qu’elle souhaitait «travailler avec les leaders [francophones] pour créer un hub de programmes».

Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.