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Climat: l’Ontario doit préciser sa stratégie

À la veille de la conférence de Paris sur le climat, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, avait rencontré ses homologues provinciaux, dont Kathleen Wynne, de l'Ontario. Une habitude qui pourrait rapidement changer. Archives

TORONTO – L’Ontario a adopté une loi qui interdit en permanence la production d’électricité à partir du charbon, lundi 23 novembre. Un geste hautement symbolique à la veille du dévoilement, par la province, d’une stratégie pour réduire considérablement son empreinte environnementale au cours des trois prochaines décennies.

FRANÇOIS PIERRE DUFAULT
fpdufault@tfo.org | @fpdufault

Dans les faits, la dernière centrale électrique au charbon de l’Ontario, située à Nanticoke, dans le sud de la province, a cessé ses opérations au printemps 2014. Cette fermeture aurait allégé l’atmosphère de plus de 30 mégatonnes de gaz à effet de serre (GES), soit l’équivalent des émissions de sept millions de véhicules.

La première ministre Kathleen Wynne devrait détailler, le 24 novembre, la stratégie du gouvernement ontarien pour atteindre son objectif de réduire, d’ici 2050, les émissions de GES à 80% de ce qu’elles étaient en 1990. En plus de rejoindre une bourse du carbone, de nouvelles mesures pour rendre les transports moins polluants seraient envisagées.

«Le tiers de nos émissions de GES viennent des transports, surtout les voitures et les camions. Nous allons nous y attaquer», a fait savoir Glen Murray, ministre de l’Environnement et responsable de la lutte au changement climatique, le 23 novembre. «L’argent que nous engrangerons avec notre marché du carbone ira, entre autres, au secteur de l’automobile pour créer des véhicules faibles en carbone.»

Les émissions de GES de l’Ontario seraient présentement 6% en-deçà de ce qu’elles étaient en 1990.

 

Conférence de Paris

L’annonce de Queen’s Park coïnciderait aussi avec l’ouverture, six jours plus tard, de la Conférence des Nations unies sur le changement climatique à Paris, la COP21, où les leaders du monde pourraient se donner une nouvelle cible globale de réduction des émissions de GES.

La première ministre Kathleen Wynne était d’ailleurs à Ottawa avec ses homologues fédéral et provinciaux, le 23 novembre, pour discuter de la stratégie canadienne pour Paris. Elle y a évoqué la possibilité d’une cible nationale de réduction des GES plus ambitieuse. «La voix canadienne unifiée en est une qui prend des mesures tangibles et importantes dans la lutte au changement climatique», a-t-elle déclaré dans un communiqué.

La première ministre de l’Ontario s’est également réjouie de l’annonce par l’Alberta, la plus polluante des provinces, d’une nouvelle taxe sur le carbone et de la fermeture graduelle de ses centrales électriques au charbon.

François Pierre Dufault
fpdufault@tfo.org