#Francophonie, #Ontario

Cinq enjeux pour la francophonie à Hamilton

Les francophones de Hamilton devant la municipalité. Courtoisie

HAMILTON – Quasiment 7000, les francophones de Hamilton veulent passer la vitesse supérieure. Petit tour d’horizon des défis pour eux dans une ville composée tout de même de plus de 500 000 résidents.

SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @sebpierroz

Visibilité. L’idée est devenue le maitre mot de l’ACFO Régionale-Hamilton depuis quelque temps. En février 2014, une consultation communautaire indiquait l’invisibilité de la communauté francophone. «Récemment, nous avons érigé pendant un mois le drapeau franco-ontarien sur les deux cours de justice à Hamilton», explique Sébastien Skrobos, son agent de développement. «C’est une petite chose, mais qui touche beaucoup de monde.» Autre piste développée: le lancement récent du site internet Hamilton en français capable de donner un vaste aperçu des événements francophones dans la ville. «Il faut montrer que nous sommes là, que nous prenons notre place, et que la communauté est bien vivante.»

Immigration. Une proportion de 1,4% de résidents ayant le français comme langue maternelle: Hamilton doit faire mieux. «C’est très important, il faut non seulement attirer, mais retenir les immigrants», souligne M. Skrobos. Comment? Le lancement prochainement de Destination Hamliton, une sorte de brochure afin de renseigner les nouveaux arrivants sur les services en français et les opportunités à la ville. Mais plus encore, l’objectif parallèle pour l’ACFO devrait être de miser sur l’inclusion. «Un francophone sur deux vivant à Hamilton est déjà issu de l’immigration. On voit aussi beaucoup d’Haïtiens, de Congolais ou encore de français. Dans les services offerts en français, il est donc important de s’adapter à ces différences culturelles afin de mieux connecter avec ces résidents.»

Relation avec la Ville. Comme dans beaucoup de communautés, la relation avec la municipalité reste l’une des clefs de la reconnaissance des Franco-Ontariens. L’ACFO planche d’ailleurs actuellement sur l’idée d’installer de manière permanente le drapeau vert et blanc devant l’hôtel de ville. De son côté, la municipalité a démontré quelques gestes d’ouverture. La grande consultation orchestrée par le maire Notre futur Hamilton: Les communautés en parlent bénéficie ainsi d’un sondage en français. «On ne peut pas dire qu’il y a un changement de cap observable avec la municipalité, mais les relations sont beaucoup mieux qu’avant», analyse M. Skrobos. Il n’est tout de même pas possible selon lui d’être servi en français à l’hôtel de ville.

Services sociaux. L’offre traditionnellement donnée par les agences anglophones à titre de tierces parties en vertu de la Loi sur les services en français (Loi 8 de 1986) n’est encore assez efficace à Hamilton. Dans les hôpitaux, les centres de traitement en santé mentale, ou encore les services pour adolescents, il n’y aurait parfois qu’un francophone sur vingt pour servir les patients, note M. Skrobos. Le ministère des Services sociaux et communautaires et le ministère des Services à l’enfance et à la jeunesse souhaitent remédier au problème en lançant une grande consultation. Les recommandations devraient être ensuite présentées sous forme de rapport aux différentes agences anglophones.

Éducation. La polémique fait rage à Hamilton depuis quelques années. Le Conseil scolaire de district catholique Centre-Sud (CSDCCS), désireux de construire une nouvelle école dans la région de Hamilton, refuse toujours la solution préconisée par le gouvernement: partager un nouvel établissement estimé à 700 élèves avec le conseil scolaire public Viamonde. Le souhait du CSDCCS de se rendre possiblement jusqu’en Cour suprême serait la dernière étape de la bataille juridique pour la création de cette école. Le conseil scolaire invoque toujours l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés, garantissant le droit à une éducation en langue française en milieu minoritaire. «Nous (l’ACFO) ne sommes pas impliqués dans le dossier», fait part prudemment M. Skrobos.

Sébastien Pierroz
Sébastien Pierroz
spierroz@tfo.org @sebpierroz

Natif d’Annecy dans les Alpes françaises, Sébastien Pierroz obtient une maîtrise d’histoire de l’Université Paris Panthéon-Sorbonne en 2007. Après avoir travaillé pour Le Reflet dans l’Est ontarien, puis L’Express d’Ottawa, Sébastien rejoint l’équipe d’#ONfr au Groupe Média TFO en janvier 2015.