#Ontario

Cinq élections partielles marquantes pour l’Ontario

Glenn Thibeault a été élu député provincial de Sudbury lors d’une partielle, le 5 février 2015. Archives, #ONfr

TORONTO – L’Ontario a connu pas moins d’une vingtaine d’élections partielles depuis dix ans et quelques-unes sont passées à l’histoire. Alors que les électeurs de la circonscription de Whitby-Oshawa se rendent aux urnes pour choisir un nouveau député provincial, jeudi 11 février, la rédaction d’#ONfr revient sur cinq des scrutins complémentaires les plus marquants dans la province au cours de la dernière décennie.

FRANÇOIS PIERRE DUFAULT
fpdufault@tfo.org | @fpdufault

SUDBURY
5 février 2015

Très peu d’élections partielles en Ontario se terminent au poste de police. C’est pourtant le cas à Sudbury, où un organisateur libéral impliqué dans le choix du candidat de son parti pour le scrutin complémentaire du 5 février 2015 est accusé de trafic d’influence et d’incitation à commettre un geste illégal. Cet organisateur, Gerry Lougheed, aurait fait miroiter une offre d’«emploi ou une nomination» à un ex-candidat libéral, Andrew Olivier, pour qu’il cède le passage à un candidat plus connu, Glenn Thibeault, un transfuge néo-démocrate du fédéral qui avait plus de chances de l’emporter aux yeux de l’establishment du parti. Bien visé. Glenn Thibeault a effectivement ramené Sudbury dans le giron libéral après un bref intermède néo-démocrate. Une élection partielle avait dû être déclenchée dans la circonscription du nord-est de la province à la suite du départ précipité du député Joe Cimino, pour des raisons personnelles, à peine six mois après son arrivée à Queen’s Park.

 

ETOBICOKE-LAKESHORE
WINDSOR-TECUMSEH
1er août 2013

Cinq élections partielles ont eu lieu simultanément le 1er août 2013. Deux d’entre elles ont envoyé un signal d’alarme aux libéraux de Kathleen Wynne, déjà affaiblis par des scandales et des négociations difficiles avec le secteur public. Le progressiste-conservateur Doug Holyday est parvenu à percer la paroi très étanche de Toronto dans Etobicoke-Lakeshore, avec l’appui, entre autres, du controversé maire Rob Ford alors au faîte de sa popularité. Et le néo-démocrate Percy Hatfield l’a facilement emporté dans Windsor-Tecumseh, l’ancien fief du grand argentier libéral Dwight Duncan où l’ex-candidate à la chefferie du parti Sandra Pupatello songeait d’ailleurs à se reprendre du service législatif à peine six mois plus tôt. La troupe d’Andrea Horwath a aussi mis la main sur London-Ouest ce jour-là. Fait intéressant: Etobicoke-Lakeshore est redevenue libérale en 2014 alors que Windsor-Tecumseh et London-Ouest sont demeurées dans le camp néo-démocrate.

 

KITCHENER-WATERLOO
6 septembre 2012

Les libéraux à Queen’s Park pensaient avoir frappé un grand coup en nommant Elizabeth Witmer, députée progressiste-conservatrice de Kitchener-Waterloo, à la tête de la Commission de la sécurité professionnelle et de l’assurance contre les accidents du travail (CSPAAT) en 2012. Reportée au pouvoir l’année précédente avec un gouvernement minoritaire par un seul siège, la troupe de Dalton McGuinty avait là une occasion pour renouer avec la majorité. Mais, au plus fort du scandale des centrales au gaz et sur un fond de confrontation avec les enseignants des écoles publiques anglophones, les électeurs de Kitchener-Waterloo ont plutôt choisi d’envoyer la néo-démocrate Catherine Fife les représenter dans la Législature provinciale. Elle y est toujours. Dalton McGuinty, lui, a lancé la serviette un mois plus tard.

 

ST. PAUL’S
19 septembre 2009

Une sordide altercation qui s’est soldée par la mort d’un cycliste a sûrement donné des sueurs froides au Dr Eric Hoskins à quelques jours de l’élection partielle qui a lui a ouvert les portes de Queen’s Park en 2009. L’actuel ministre de la Santé briguait les suffrages dans la circonscription torontoise de St. Paul’s, que l’ex-ministre Michael Bryant avait laissé vacante quelques mois plus tôt pour un emploi dans le développement économique de la métropole. Le soir du 31 août, à trois semaines du scrutin, Michael Bryant, au volant de sa voiture, est impliqué dans une altercation mortelle avec un cycliste et plus tard accusé de négligence criminelle et de conduite dangereuse ayant causé la mort. L’affaire a fait grand bruit à l’époque, mais elle a finalement eu très peu d’impact sur la campagne du Dr Hoskins, qui a passé le fil d’arrivée avec près de 48% des voix. Neuf mois plus tard, le ministère public a retiré toutes les accusations contre Michael Bryant, citant qu’il n’y avait «aucune perspective raisonnable de condamnation».

 

HALIBURTON–KAWARTHA-LAKES–BROCK
5 mars 2009

L’élection partielle du 5 mars 2009 dans la circonscription rurale d’Haliburton–Kawartha-Lakes–Brock, dans le centre de l’Ontario, a sonné le glas de la courte carrière de John Tory sur la scène provinciale. L’ex-chef progressiste-conservateur, aujourd’hui maire de Toronto, avait brièvement siégé à Queen’s Park dans le fauteuil de son prédécesseur Ernie Eves dans la région de Dufferin, au nord-ouest de la métropole. John Tory a tenté en 2007 de se faire élire plus près de chez lui, dans la circonscription torontoise de Don-Valley-Ouest, mais il s’est incliné devant Kathleen Wynne, alors une ministre influente dans le gouvernement libéral. La progressiste-conservatrice Laurie Scott a accepté en 2009 de laisser son siège, considéré comme un bastion de son parti, pour donner une chance à son chef de revenir dans la Législature. Mais les électeurs de la région des lacs Kawartha ont choisi un libéral, Rick Johnson, pour la seule et unique fois dans l’histoire récente de la province. Laurie Scott s’est fait réélire dans son ancien comté lors des élections générales de 2011.

François Pierre Dufault
fpdufault@tfo.org