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Chefferie PC: Fedeli lance la serviette

«Il est temps de rétablir la fierté de notre parti et de placer l’Ontario en première place», a lancé Victor Fedeli au moment de se lancer dans la course à la chefferie progressiste-conservatrice, le 24 septembre. (Photo: François Pierre Dufault)

TORONTO – Ils ne sont maintenant plus que quatre à briguer la chefferie du Parti progressiste-conservateur de l’Ontario. Le député Victor Fedeli a annoncé son retrait de la course et son soutien à son ancienne rivale Christine Elliott, le mercredi 4 février.

FRANÇOIS PIERRE DUFAULT
fpdufault@tfo.org | @fpdufault

L’élu de Nipissing, dans le nord-est de la province, a fait cette annonce à deux jours de la fin des mises en candidature pour le poste de leader de l’opposition officielle à Queen’s Park.

«Comme vous le savez, je suis un homme de chiffres et un pragmatique», a fait savoir M. Fedeli dans un communiqué. «Il y a deux chiffres à observer dans une campagne au leadership – le membership et l’argent. J’ai fait le calcul et, simplement, je ne croyais pas que j’avais ce qu’il fallait pour que je gagne cette course».

S’il n’a jamais recueilli les appuis nécessaires, la candidature de l’élu de Nipissing – un homme d’affaires aguerri et un ancien maire de North Bay – semblait néanmoins solide en début de parcours.

M. Fedeli a été le seul candidat à la chefferie du Parti PC à mettre de nouvelles idées sur la table, au-delà des vagues intentions d’élargir la base de la formation. Encore récemment, il suggérait d’abolir les impôts pour les jeunes de 25 ans et moins afin qu’ils aient davantage les moyens de se lancer en affaires et d’innover.

Elliott loin devant

Mais, de l’avis du candidat désisté, il n’y a que Christine Elliott qui puisse mener le Parti PC à une victoire lors des prochaines élections provinciales, et mettre fin à plus d’une décennie de règne libéral.

«Vic et moi comprenons que de bonnes politiques économiques engendrent de bonnes politiques sociales», a déclaré Mme Elliott, en réaction à l’annonce du soutien de son collègue, le 4 février. «J’ai hâte de travailler étroitement avec Vic en sa qualité de champion des dossiers qui sont les plus importants pour le Nord ontarien».

Le député de Nipissing entend aussi briguer un nouveau mandat lors des prochaines élections, prévues pour 2018.

Mme Elliott, veuve de l’ex-ministre fédéral et ontarien des Finances, Jim Flaherty, est perçue depuis le début comme la favorite à la chefferie du Parti PC. La campagne de la députée de Whitby-Oshawa a recueilli plus de 500 000 $ et une cinquantaine d’appuis officiels, soit de cinq à 25 fois plus que les autres aspirants au leadership du parti d’opposition.

Le facteur Brown

Dans les coulisses à Queen’s Park, une rumeur veut que Victor Fedeli se soit aussi retiré de la course à la chefferie progressiste-conservatrice pour mieux faire barrage, avec Christine Elliott, à la candidature de plus en plus redoutée de Patrick Brown.

Député fédéral, M. Brown est plutôt mal vu par l’establishment du parti provincial après avoir insinué que ses rivaux – en particulier Mme Elliott – n’ont jamais rien fait pour s’opposer à la saignée de 100 000 fonctionnaires que promettait leur ancien chef Tim Hudak lors des dernières élections.

C’est cette promesse controversée qui, de l’aveu même des progressistes-conservateurs, a largement contribué à une quatrième défaite consécutive du parti aux urnes, et au départ précipité de M. Hudak peu après le scrutin du 12 juin 2014.

«Je m’engage à ramener les voix du nord dans le parti», a déclaré M. Brown dans un communiqué à la suite du désistement de son ancien rival, seul député nordique de sa formation. «Nous ne formerons pas un gouvernement si nous nous rabattons sur le même vieil establishment qui a exclu (les électeurs du Nord ontarien) pendant des décennies».

L’élu de Barrie à Ottawa en a ensuite rajouté une couche, affirmant que les membres du Parti PC veulent une formation qui les consulte et les écoute, «et non un parti dont les dirigeants proposent arbitrairement d’abolir 100 000 emplois».

Les députés provinciaux Lisa MacLeod et Monte McNaughton briguent aussi la chefferie du Parti progressiste-conservateur.

L’opposition officielle à Queen’s Park doit choisir son prochain chef, le 9 mai.

 

Coup d’œil sur la chefferie PC

Christine Elliott
Cagnotte de campagne: 515 000 $
Principaux appuis: l’ancien premier ministre Bill Davis; les députés provinciaux Ted Arnott, Victor Fedeli, Ernie Hardeman, Michael Harris, Sylvia Jones, Gila Martow, Norm Miller, Laurie Scott, Todd Smith, Lisa Thompson, Bill Walker et Jeff Yurek; les ministres fédéraux Chris Alexander et Peter Kent; l’ex-échevin torontois Doug Ford.

Patrick Brown
Cagnotte de campagne: 105 000 $
Principaux appuis: les députés provinciaux Jack MacLaren et Rick Nicholls; les députés fédéraux Parm Gill et Bal Gosal; l’ex-sénateur Hugh Segal; le hockeyeur à la retraite Dale Hawerchuk.

Lisa MacLeod
Cagnotte de campagne: 105 000 $
Principaux appuis: les députés provinciaux Steve Clark, Garfield Dunlop, Jim McDonell et Julia Munro; le sénateur Bob Runciman.

Monte McNaughton
Cagnotte de campagne: 20 000 $
Principaux appuis: l’échevin et ex-maire torontois Rob Ford.

François Pierre Dufault
fpdufault@tfo.org