#Francophonie, #Ontario

Ces villes de l’Ontario qui ne sont pas encore désignées

La ville d'Oshawa compte 6 700 francophones. Archives

[30e LOI 8]

TORONTO – 80 % des Franco-Ontariens résident dans une région désignée en vertu de la Loi sur les services en français (Loi 8). A contrario, plus de 100 000 d’entre eux n’ont techniquement pas accès aux services en français en Ontario. Cinq exemples de ces villes.

SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @sebpierroz

Oshawa. Le dossier traîne maintenant depuis des années. Au point de décourager complètement l’Assemblée des communautés francophones de l’Ontario (ACFO) de Durham-Peterborough, l’organisme qui chapeaute le projet. La frustration s’intensifie pour les quelque 6 700 francophones de la municipalité. D’autant que la stratégie destinée auparavant à faire de la municipalité de Duhram un territoire entièrement soumis à la Loi 8 a été revue à la baisse pour se concentrer uniquement sur Oshawa. Sans succès. Le manque d’appuis politiques locaux, condition sine qua non, pour convaincre le gouvernement, a pour conséquence de toujours bloquer le projet.

Waterloo. Le découragement s’installe aussi pour les francophones de la municipalité régionale de Waterloo à l’ouest de Toronto. Le territoire incluant notamment les villes de Waterloo, Cambridge et Kitchener, court toujours depuis des années après sa désignation en vertu de la Loi 8. Avec environ 1 % de francophones, la municipalité peine à entrer dans les critères du gouvernement exigeant la présence de 10 % de francophones ou de plus de 5 000 résidents de cette même langue dans un centre urbain. L’Association des francophones de Kitchener-Waterloo (AFKW), en charge de porter le dossier, affirmait récemment avoir manqué d’un soutien des députés provinciaux locaux.

Vaughan. La 27e région désignée en vertu de la Loi sur les services en français sera-t-elle à Vaughan? Encouragée par la désignation de Markham l’an passé, la ville de la banlieue de Toronto a déposé son dossier. Les arguments? Malgré une proportion de francophones estimée à 1 %, Vaughan connaît depuis vingt ans une explosion démographique qui a fait passer la ville de 130 000 à 300 000 résidents. C’est l’Association des francophones de la région de York (AFRY) qui pilote pour le moment le dossier.

La ville de Vaughan compte plus de 300000 résidents. Courtoisie

Sarnia. Quelque 2,5 % de francophones pour une ville de plus de 70 000 résidents, ce n’est donc pas assez pour que les Franco-Ontariens de Sarnia reçoivent des services dans leur langue. Une situation particulière puisque ses voisines Windsor et London appartiennent à un comté désigné. La direction de l’ACFO de London-Sarnia a souvent déclaré à #ONfr privilégier l’aspect communautaire aux revendications politiques. Petite note d’espoir: le conseil municipal a approuvé dernièrement que le drapeau franco-ontarien flotte en permanence au centre-ville de Sarnia. De quoi donner peut-être des raisons de revendiquer?

Thunder Bay. Contrairement à une idée reçue, la ville de Thunder Bay n’est pas désignée en vertu de la Loi 8. Explications: le district de Thunder Bay, s’étendant sur une large partie du Nord-Ouest de l’Ontario est lui bel et bien désigné. Une officialisation qui inclut les villes de Geraldton, Longlac, Marathon et les cantons de Manitouwadge, Beardmore, Nakina et Terrace Bay… tout en faisant abstraction de Thunder Bay. Une curiosité que nous explique le commissaire aux services en français, François Boileau. «Thunder Bay sert aussi de siège social pour certains services. Ces points de services du gouvernement doivent offrir des services en français. Alors c’est un peu tout comme, mais il n’empêche que les francophones de la ville de Thunder Bay ne sont pas reconnus comme vivant dans une région désignée.»

Le commissaire aux services en français de l'Ontario, Me François Boileau. (Photo: Benjamin Vachet)

 

Tout au long de la semaine, #ONfr revient sur le trentième anniversaire de la Loi sur les services en français à travers une couverture quotidienne. Pour en savoir plus: http://www5.tfo.org/onfr/

Sébastien Pierroz
Sébastien Pierroz
spierroz@tfo.org @sebpierroz

Natif d’Annecy dans les Alpes françaises, Sébastien Pierroz obtient une maîtrise d’histoire de l’Université Paris Panthéon-Sorbonne en 2007. Après avoir travaillé pour Le Reflet dans l’Est ontarien, puis L’Express d’Ottawa, Sébastien rejoint l’équipe d’#ONfr au Groupe Média TFO en janvier 2015.