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Carol Jolin succède à Denis Vaillancourt à la présidence de l’AFO

Le nouveau président de l'AFO, Carol Jolin. Archives, #ONfr

OTTAWA – L’ancien président de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), Carol Jolin, deviendra le nouveau président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) lors de l’Assemblée générale annuelle du dimanche 30 octobre, à Sudbury.

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

Le suspens aura été de courte durée. Finalement, il n’y aura donc pas de course à la succession de Denis Vaillancourt à la présidence de l’AFO. Comme ce dernier en 2013, Carol Jolin a été élu sans opposition à la tête de l’organisme porte-parole des Franco-Ontariens. La nouvelle a été officialisée par l’AFO, le mardi 18 octobre. Les successeurs potentiels avaient jusqu’au samedi 15 octobre, 16h, pour déposer leur candidature au poste de président.

Officiellement candidat depuis le mois d’août, M. Jolin entrera officiellement en poste lors de l’Assemblée générale annuelle de la fin du mois, à Sudbury. M. Vaillancourt ne pouvait se représenter après deux mandats consécutifs. Élu une première fois en 2010, le successeur de Mariette Carrier-Fraser avait été réélu trois ans plus tard en 2013.

Comme M. Vaillancourt, lui-même ancien sous-ministre adjoint responsable de l’Éducation en langue française et de l’administration de l’Éducation, Carol Jolin est issu du milieu de l’éducation. Le 1er septembre, il terminait son second mandat consécutif à la présidence de l’AEFO, représentant plus de 10 000 enseignantes et enseignants franco-ontariens. M. Jolin a également siégé au Bureau des gouverneurs de la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’Ontario (FEO).

Le futur nouveau président prône la continuité.

«Je suis très heureux de devenir le nouveau président de l’AFO! Durant son mandat, M. Vaillancourt a fait un important travail de représentation politique et de rassemblement. L’AFO va dans la bonne direction et je veux poursuivre le travail. Mon style ne sera pas très différent du sien, car je privilégie toujours la diplomatie et les discussions», explique M. Jolin à #ONfr.

Ce dernier rappelle que son expérience à l’AEFO pourra servir à l’AFO.

«En ayant été président de l’AEFO, j’ai déjà développé un réseau politique à Queen’s Park dont je veux faire bénéficier l’AFO. L’important est de continuer à influencer et à bien informer les décideurs sur nos priorités pour qu’ils en comprennent l’importance pour notre communauté franco-ontarienne.»

 

Continuité

Originaire de la région de Bellechasse, au Québec, M. Jolin s’est établi à Welland, dans le sud de la province, il y a 32 ans, avant d’aller enseigner à Barrie, puis à Orléans.

Outre sa carrière en éducation, M. Jolin s’est également investi dans le conseil d’administration de la radio communautaire francophone d’Ottawa CJFO, devenue depuis Unique FM, au moment de l’obtention d’une licence auprès du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).

Pour le président sortant, M. Jolin est un successeur qui présente plusieurs avantages.

«M. Jolin a déjà siégé au conseil d’administration de l’AFO. Il connaît bien l’organisme et son environnement et comme ancien président de l’AEFO, il a également une très bonne connaissance de toute la province. Il a la capacité de continuer le travail de l’AFO!»

Le président sortant de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO), Denis Vaillancourt. Archives, #ONfr

M. Vaillancourt espère donc que M. Jolin maintiendra ce qui a bien fonctionné jusqu’ici.

«Nous avons développé une approche de dialogue avec le gouvernement, en gardant toujours la porte ouverte aux discussions. C’est important de garder cette approche diplomatique, tout en étant capable de demeurer ferme quand c’est nécessaire. Il faut également s’assurer de maintenir les liens avec les communautés.»

Pour le président sortant, M. Jolin devra donc se pencher sur les dossiers jugés prioritaires par la communauté franco-ontarienne comme notamment l’Université franco-ontarienne, le bilinguisme officiel de la province de l’Ontario et de la Ville d’Ottawa et la question de l’immigration francophone en Ontario.

 

Mauvais signe?

Autre dossier noté par M. Vaillancourt, celui de la relève. L’élection sans opposition de M. Jolin peut être vue comme un mauvais signe dans cette optique pour l’organisme porte-parole des 611 500 Franco-Ontariens.

«Sans enlever aucun mérite à M. Jolin, il est certain que d’avoir une élection aurait permis d’apporter différentes idées, d’avoir des échanges, ce qui est toujours bon pour un organisme. Il y a donc un travail à faire là-dessus.»

L’absence également d’un candidat des minorités visibles à la présidence, malgré une communauté franco-ontarienne de plus en plus plurielle, constitue une autre déception pour M. Vaillancourt.

«C’est inquiétant! Nous avons commencé le dialogue avec l’organisme provincial Union Provinciale des Minorités Raciales Ethnoculturelles Francophone de l’Ontario (UP-MREF), mais il y a encore beaucoup à faire pour rassembler.»

Lors de la mise en candidature de M. Jolin au mois d’août, des rumeurs insistantes laissaient entendre que l’ancien éditeur du journal Le Voyageur, à Sudbury, Réjean Grenier, serait lui aussi candidat à la succession de Denis Vaillancourt.

M. Grenier avait tenté sa chance en 2010. À l’époque, pour sa première élection, M. Vaillancourt avait dû batailler contre trois adversaires, Réjean Grenier, donc, mais aussi Philippe Boissonneault et Marc Ryan.

Outre M. Jolin, plusieurs candidats au conseil d’administration de l’AFO ont eux-aussi échappé aux aléas d’une élection. La représentante de la région Nord-Ouest, Angèle Brunelle, a été réélue par acclamation et Caroline Gélineault deviendra la représentante pour le secteur Jeunesse sans opposition. En revanche, il y aura des élections pour choisir les représentants du Centre, de l’Est et du Nord-Est au sein du conseil d’administration de l’AFO.

Benjamin Vachet
Benjamin Vachet
bvachet@tfo.org @BVachet

Originaire de France, Benjamin Vachet vit au Canada depuis plus de dix ans. Titulaire d'un baccalauréat en Administration économique et sociale et d'une maîtrise de journalisme, il a commencé sa carrière en France, avant de la poursuivre au Canada. Il a travaillé pour les hebdomadaires Le Reflet, puis L’Express Ottawa et pour la radio francophone d’Ottawa, Unique FM. Il a rejoint le Groupe Média TFO en 2014. Passionné de politique ontarienne, fédérale et internationale, Benjamin cumule plus de treize années d’expérience en presse écrite, radio et télévision.