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Budget: une inquiétude de plus pour les écoles catholiques

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TORONTO – La confirmation dans le budget 2015 de l’Ontario d’un gel du financement pour les écoles de la province ajoute une inquiétude aux conseils scolaires catholiques de langue française: celle de devoir partager davantage d’espaces avec leurs homologues laïcs.

FRANÇOIS PIERRE DUFAULT
fpdufault@tfo.org | @fpdufault

«Nous avons les nombres. Nos conseils sont en progression», a fait valoir Jean Lemay, président de l’Association franco-ontarienne des conseils scolaires catholiques (AFOCSC), peu après le dépôt du budget provincial, le jeudi 23 avril. «Nous avons assez d’élèves pour construire de nouvelles écoles sans les partager. C’est un droit de gestion. Nous allons continuer à le défendre.»

Sauf qu’avec un financement qui ne suit pas le rythme de l’inflation, et une nouvelle directive de Queen’s Park qui encourage les projets d’immobilisation conjoints entre les conseils scolaires catholiques et publics, M. Lemay dit craindre que le partage d’écoles devienne encore plus la norme dans le système d’éducation provincial.

Cette nouvelle directive du ministère de l’Éducation sur le partage d’écoles serait en place depuis un peu plus d’un an, selon nos sources.

«Les associations (entre les conseils catholiques et publics) qui existent un peu partout dans la province, notamment à Sudbury, ne fonctionnent pas. Elles sont en train de tomber en panne», a indiqué M. Lemay à #ONfr. «Nous ne voulons rien enlever aux autres. Nous voulons seulement prendre notre place».

 

Le cas de Hamilton

Un des huit conseils catholiques francophones de l’Ontario, le Conseil scolaire de district catholique Centre-Sud (CSDCCS), s’est récemment dit prêt à se rendre jusque devant la Cour suprême du Canada pour revendiquer une nouvelle école à Hamilton, où le Ministère préconise justement une école conjointe avec le conseil scolaire public de l’endroit.

La ministre Liz Sandals s’est déjà dite «très déçue» que le CSDCCS veuille prendre le chemin des tribunaux. Une école partagée serait, selon elle, «une bien meilleure utilisation du financement» et une option permettant «d’offrir davantage de programmes aux élèves».

Rappelons que les budgets des 60 conseils scolaires de langue anglaise et des 12 conseils de langue française de l’Ontario sont gelés à 22,5 milliards $ pour la prochaine année. Dans les faits, avec l’inflation, il s’agit d’une légère baisse du financement.

 

«Miser sur la francophonie»

Les conseils scolaires publiques francophones, de leur côté, s’alignent sur la position de Queen’s Park par rapport aux partages d’écoles.

«Nous sommes d’accord avec les projets communs», a commenté Louise Pinet, directrice générale de l’Association des conseils des écoles publiques de l’Ontario (ACÉPO), à #ONfr. «Nous pensons que les conseils scolaires francophones doivent travailler ensemble. Nous devons vraiment miser sur la francophonie pour maximiser l’avenir. Nous pensons que le gouvernement devrait rompre avec le passé et cesser d’appuyer qu’une seule religion.»

Par contre, l’ACÉPO rejoint l’AFOCSC sur la question budgétaire. Surtout que les conseils scolaires publics de langue française, au nombre de quatre, ont des territoires deux fois plus vastes à couvrir que leurs homologues catholiques.

«C’est un budget pour les temps difficiles», a réagi Mme Pinet, le 23 avril. «Il n’y a pas d’augmentation du financement. Il y a un remaniement des fonds. Il faudra voir si ce remaniement, par exemple au niveau de l’infrastructure, nous permettra d’ouvrir de nouvelles écoles ou de combler des manques dans les endroits où nous n’offrons pas encore de services».

François Pierre Dufault
fpdufault@tfo.org