#Francophonie, #Ontario

Budget 2016: l’«école partagée» divise

Le test provincial de compétences linguistiques est-il vraiment utile? Archives

TORONTO – Le milieu de l’éducation de langue française en Ontario est divisé après l’annonce, dans le budget provincial 2016, de la construction d’une école secondaire francophone à Oakville qui sera partagée avec un conseil scolaire anglophone.

FRANÇOIS PIERRE DUFAULT
fpdufault@tfo.com | @fpdufault

L’école secondaire publique Gaétan-Gervais à Oakville, près de Toronto, a besoin de nouvelles installations et le gouvernement libéral de Kathleen Wynne s’est engagé à cette fin à construire un édifice de 13 millions $ qui servira aussi de centre récréatif pour la municipalité et le conseil scolaire public anglophone de l’endroit.

«Les écoles partagées, nous les acceptons. C’est important d’avoir notre espace pour faire avancer la francophonie», explique Louise Pinet, directrice générale de l’Association des conseils scolaires des écoles publiques de l’Ontario (ACÉPO). «Nous vivons dans un milieu où il y a des anglophones. Nous ne sommes pas contre les anglophones. C’est important de prendre notre place. Mais peut-être que nous pouvons faire des choses ensemble.»

Mme Pinet ne voit pas nécessairement d’un mauvais œil que des élèves anglophones et francophones partagent des activités culturelles ou qu’ils jouent ensemble à l’occasion.

Les conseils scolaires catholiques de langue française de l’Ontario s’inquiètent pour leur part de l’annonce, dans le budget du 25 février, de la construction d’une école où se côtoieront des élèves anglophones et francophones.

«On ne tient pas compte des priorités de nos conseils scolaires qui soumettent des projets d’immobilisation. On ne tient pas compte des besoins réels et immédiats. On espère que le gouvernement va changer sa politique», fustige Benoît Mercier, directeur général de l’Association franco-ontarienne des conseils scolaires catholiques (AFOCSC). «Sinon, est-ce qu’on va se retrouver avec le Règlement XVII de l’année 2016? Est-ce qu’une autre génération de Franco-Ontariens sera assimilée?»

 

Règlement XVII

Le directeur général de l’AFOCSC rappelle que les francophones se sont battus pour obtenir la pleine gestion de leurs écoles longtemps après le Règlement XVII qui a interdit l’enseignement en français de 1912 à 1927 et pour lequel Queen’s Park a d’ailleurs présenté des excuses officielles, trois jours avant le dépôt du budget.

«Nous revendiquons notre juste part de financement pour la construction de nouvelles écoles partout dans la province», fait valoir M. Mercier à #ONfr. «Là où les nombres le justifient, nous devrions être traités aussi équitablement que nos collègues anglophones. Présentement, il est difficile d’attirer les élèves ayant-droit dans nos écoles parce que les écoles de langue anglaise jouissent d’une meilleure infrastructure.»

Les conseils scolaires publics francophones disent qu’ils seraient aussi prêts à faire équipe avec des conseils scolaires catholiques mais que ceux-ci veulent plus souvent qu’autrement faire cavalier seul, comme c’est le cas notamment à Hamilton.

«Nous avons demandé à nos collègues francophones catholiques de partager avec nous et ils ne veulent pas partager avec nous», relance Mme Pinet, de l’ACÉPO. «Alors pour avoir nos écoles, nous sommes prêts à partager (avec les anglophones) mais seulement dans la mesure où nous avons la garantie d’avoir notre espace.»

François Pierre Dufault
fpdufault@tfo.org