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Appel à la mobilisation pour l’université franco-ontarienne

Pour le chroniqueur Serge Miville, le projet de création d'une université franco-ontarienne, c'est l'temps! Archives, #ONfr

TORONTO – Trois organisations qui militent pour la création d’une université «par et pour» les francophones de l’Ontario invitent leurs supporteurs à une première «journée d’action» sur le parterre de l’Assemblée législative le jeudi 18 février afin, disent-elles, de dénoncer la lenteur du gouvernement provincial dans ce dossier.

FRANÇOIS PIERRE DUFAULT
fpdufault@tfo.org | @fpdufault

Le Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO), la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO) et l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) disent vouloir «souligner le manque d’actions concrètes prises par le gouvernement provincial» depuis que des représentants des trois organismes ont demandé officiellement la création d’une université franco-ontarienne, il y a un, le 10 février 2015.

«La création d’un tel milieu du savoir et de vie en français constitue un projet concret et rassembleur qui permettra d’assurer l’épanouissement de la langue et des cultures françaises pour des générations à venir», affirme dans un communiqué Rym Ben Berrah, coprésidente du RÉFO, mercredi 27 janvier.

Le RÉFO, la FESFO et l’AFO réclament la mise sur pied par Queen’s Park d’une université franco-ontarienne avec un premier campus d’ici 2018 dans le Grand-Toronto, une région largement sous-desservie en matière de programmes d’études postsecondaires en français.

Mais, un an après la demande officielle, les militants pour une université franco-ontairenne commencent à s’impatienter. «Nous attendons toujours des actions concrètes», exhorte Denis Vaillancourt, président de l’AFO. «Nous sommes l’avenir de cette province et (le gouvernement) ne peut plus simplement nous ignorer», ajoute Jérémie Spadafora, président de la FESFO.

 

Projet de loi privé

Dans les faits, le seul geste concret dans le sens d’une gouvernance universitaire complète pour les Franco-Ontariens vient des banquettes de l’opposition.

La néo-démocrate France Gélinas a déposé, fin mai, un projet de loi privé demandant à la province de créer une université de langue française. Le document a passé le cap de la deuxième lecture dans la Législature et doit maintenant passer sous la loupe d’un comité parlementaire. Mais, venant de l’opposition, le texte risque d’être amendé, voire édulcoré, avant d’être renvoyé aux députés pour une troisième et dernière lecture.

Le chef progressiste-conservateur Patrick Brown dit faire du projet d’université franco-ontarienne «une priorité» de son parti.

Le gouvernement de Kathleen Wynne dit lui aussi appuyer la demande phare de la communauté francophone. Mais avec quelques bémols. Le clan libéral attend, entre autres, les conclusions d’un groupe de travail sur l’accès aux programmes d’études en français dans le sud-ouest de la province, au printemps, avant de s’engager plus loin sur le chemin d’une université franco-ontarienne.

Les organisateurs de la «journée d’action» à Toronto prévoient se réunir à 11h30 devant l’édifice Macdonald au 900, rue Bay, où se trouvent des bureaux du ministère de la Formation et des Collèges et Universités, avant de converger vers l’Assemblée législative, où des cours universitaires en plein air seront ensuite donnés symboliquement.

François Pierre Dufault
fpdufault@tfo.org