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AFO: Jolin prône à la continuité

Le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, Carol Jolin. Archives #ONfr

SUDBURY – L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) a tourné une page de sa jeune histoire, le dimanche 30 octobre, à Sudbury. L’Assemblée générale annuelle (AGA) de l’organisme porte-parole des 611 500 Franco-Ontariennes et Franco-Ontariens a entériné l’élection, par acclamation, de Carol Jolin à titre de nouveau président et rappelé les nombreux dossiers sur lesquels l’AFO va devoir travailler.

SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @sebpierroz

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

«J’ai reçu un mandat de continuation, avec de nouvelles personnes au conseil d’administration qui vont amener de nouvelles idées. Il y a une machine qui est bien rodée et nous allons poursuivre le travail sur les dossiers en cours et ceux qui vont s’ajouter», a indiqué Carol Jolin.

Élu pour un mandat de deux ans, ce dernier assure ne privilégier aucune des priorités énoncées par ses membres. M. Jolin reconnaît toutefois qu’il y a urgence d’agir sur le projet de loi 41, qui modifie diverses lois en matière de santé, mais qui ne possède pas de lentille francophone.

«Il va falloir bouger très rapidement, car le projet est déjà en deuxième lecture.»

L’AFO va tenter de se présenter devant le comité parlementaire afin de se faire entendre.

 

Enchâsser les droits

Et les dossiers seront nombreux sur la table du nouveau président. À commencer par celui de rendre la province officiellement bilingue ou encore de faire enchâsser les droits des Franco-Ontariens dans la Charte canadienne des droits et libertés.

Il aura d’autant plus de travail que la ministre déléguée aux Affaires francophones, Marie-France Lalonde, qui était présente lors de l’AGA, a avoué ne pas bien connaître le dossier, bien que la question soit étudiée depuis plusieurs années par l’AFO.

«C’est la première fois que ça m’est amené de façon si concrète. C’est quelque chose que je vais étudier, il va y avoir des discussions», a-t-elle commenté.

L’AFO avait adopté une résolution en ce sens lors de son AGA en 2014. L’an dernier, l’organisme a rassemblé plusieurs experts sur cette question et le président sortant, Denis Vaillancourt, pense que les astres politiques sont alignés.

«Cela ne demande pas de rouvrir la constitution, il faut simplement une entente bilatérale entre la province et le gouvernement fédéral.»

M. Jolin se montre indulgent envers la ministre Lalonde.

«Mme Lalonde vient d’arriver en poste. Je peux comprendre qu’elle ne maîtrise pas encore tous ses dossiers, car il y en a énormément, mais nous on va s’assurer qu’elle maîtrise celui-ci très bientôt.»

Des discussions doivent également avoir lieu sur la question de la modernisation de la Loi sur les services en français qui sera discutée lors d’un colloque sur les 30 ans de la LSF, le 18 novembre, à l’Université d’Ottawa.

D’autres dossiers seront également à l’étude comme celui du financement des radios communautaires francophones, du Centre de santé communautaire de Timmins, de la réalisation de livres blancs sur le vieillissement et sur l’alphabétisation, la formation de base et l’employabilité ou encore, sur celui de la Place des Arts de Sudbury.

Sur ce dernier, Mme Lalonde s’est dite ouverte à étudier un éventuel soutien financier, sans prendre d’engagement ferme toutefois.

«C’est certain que si on peut aider, on aimerait ça. C’est un dossier en évolution qui semble avoir l’appui de tous les paliers de gouvernement.»

Elle a également tenté de calmer l’impatience dans le dossier de l’université franco-ontarienne.

«Actuellement, nous sommes dans le processus en vue de réaliser ce projet. Je suis définitivement pour cette université, mais je veux que ça s’inscrive sur le long terme et que ça réponde aux besoins des étudiants aujourd’hui et dans le futur. Mme Adam a un mandat, elle va faire son travail et nous donner ses recommandations au printemps prochain.»

Le président de l’AFO indique que l’organisme continuera à pousser.

«En politique, ça ne va jamais rapidement, même si on aimerait que ça aille plus vite. Est-ce qu’on a le choix d’attendre le travail qui va se faire? On va donc participer aux consultations et donner la position de l’AFO. Je m’attends à ce que cette question revienne lors des prochaines élections.»

 

Parce qu’on est en 2016

L’AFO n’a pas seulement changé de président, elle a également voté pour de nouveaux membres au sein de son conseil d’administration qui compte désormais quatre hommes et sept femmes.

Angèle Brunelle, pour la région du Nord-Ouest et Caroline Gélineault pour le secteur Jeunesse, ont été élues sans opposition. En revanche, Marie-Gaëtane Caissie, pour la région Centre, Rym Ben-Berrah pour l’Est et Réjean Grenier, pour le Nord-Est, ont dû passer par des élections.

Nouvelle venue au conseil d’administration de l’AFO et ancienne co-présidente du Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO) Mme Ben-Berrah voudra faire avancer le dossier de l’université franco-ontarienne,  bien sûr, mais pas seulement.

«Le dossier de l’éducation me tient à cœur, mais aussi celui de l’immigration francophone. Je pense que l’AFO a une vision nouvelle et proactive, il y a un vent de renouveau avec un nouveau président et de nouveaux membres.»

Son homologue dans le Centre, Mme Caissie, assure pour sa part que même si elle est directrice du Mouvement des intervenants en communications radio de l’Ontario (MICRO), ce ne sera pas sa seule priorité.

«Je suis élue pour représenter ma région et la communauté franco-ontarienne. C’est sûr que ce sera un dossier que nous allons étudier, mais il y en a d’autres, le bilinguisme de la province est un dossier qui me tient particulièrement à cœur, car si on peut pousser ce dossier-là, tous les autres vont suivre.»

Dans le Nord-Est, M. Grenier, réélu pour un nouveau mandat, suivra avec attention les priorités évoquées lors de l’AGA, tout en gardant un œil sur la réalité de sa région.

«Le principal défi pour nous ici, c’est l’exode des jeunes qui est de plus en plus lié à la question de l’économie. L’AFO a des liens avec des partenaires qui travaillent en économie, on va continuer.»

Benjamin Vachet
Benjamin Vachet
bvachet@tfo.org @BVachet

Originaire de France, Benjamin Vachet vit au Canada depuis plus de dix ans. Titulaire d'un baccalauréat en Administration économique et sociale et d'une maîtrise de journalisme, il a commencé sa carrière en France, avant de la poursuivre au Canada. Il a travaillé pour les hebdomadaires Le Reflet, puis L’Express Ottawa et pour la radio francophone d’Ottawa, Unique FM. Il a rejoint le Groupe Média TFO en 2014. Passionné de politique ontarienne, fédérale et internationale, Benjamin cumule plus de treize années d’expérience en presse écrite, radio et télévision.