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Études postsecondaires: une annonce «intéressante mais insuffisante»

Accompagnée de la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Formation professionnelle de l’Ontario, Deb Matthews, la ministre des Sciences, Kirsty Duncan, a rappelé mardi 30 août, les grandes lignes des changements apportés afin, selon le gouvernement, «de rendre les études postsecondaires plus accessibles et abordables». Courtoisie

TORONTO – À quelques jours de la rentrée universitaire, la ministre des Sciences, Kirsty Duncan, était à Etobicoke, mardi 30 août, pour promouvoir une des annonces faites dans le premier budget de Justin Trudeau concernant la bonification des bourses d’études canadiennes et les changements au Programme d’aide au remboursement. Des nouvelles bien accueillies par les organisations étudiantes, qui les jugent toutefois insuffisantes, notamment pour les étudiants en français.

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

Promesse de la dernière campagne électorale de Justin Trudeau, le gouvernement libéral avait annoncé des changements dans l’aide aux études postsecondaires dans son budget du 22 mars dernier.

Accompagnée de la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Formation professionnelle de l’Ontario, Deb Matthews, la ministre des Sciences, Kirsty Duncan, au nom de la ministre de l’Emploi, du Développement de la main‑d’œuvre et du Travail, MaryAnn Mihychuk, a rappelé mardi 30 août, les grandes lignes des changements apportés afin, selon le gouvernement, «de rendre les études postsecondaires plus accessibles et abordables».

Le gouvernement fédéral indique que depuis le 1er août, les montants des bourses d’études canadiennes ont été augmentés de 50%, passant ainsi de 2000 $ à 3000 $ par année pour les étudiants à temps plein issus d’une famille à faible revenu, de 800 $ à 1200 $ par année pour les étudiants issus d’une famille à revenu moyen, et de 1200 $ à 1 800 $ par année pour les étudiants à temps partiel issus d’une famille à faible revenu. Selon les données du gouvernement, ces modifications devraient permettre, en Ontario, d’aider plus de 270000 étudiants.

De plus, le gouvernement libéral annonce l’assouplissement des règles du Programme d’aide au remboursement à compter du 1er novembre afin qu’un étudiant endetté n’ait pas à rembourser son prêt d’études canadien avant de gagner au moins 25000 $ par année.

 

Journée d’action le 2 novembre

La Fédération canadienne des étudiantes et étudiants (FCÉÉ) accueille cette nouvelle avec satisfaction, mais la juge toutefois insuffisante pour répondre à la crise de l’endettement étudiant.

«Les bourses, même bonifiées, ne sont pas assez importantes pour financer les études postsecondaires. Ce que nous demandons au gouvernement, s’il est sérieux dans sa démarche et que l’éducation est réellement une priorité, c’est de développer une stratégie nationale afin d’avoir un accès standard aux études postsecondaires pour tous les Canadiens. Car si les bourses augmentent, les frais de scolarité aussi, et dans certaines provinces, ils sont inaccessibles pour beaucoup de familles», juge la présidente  nationale de la FCÉÉ, Bilan Arte.

La FCÉÉ prévoit une journée d’action à travers le pays le 2 novembre prochain afin de rappeler sa principale revendication: la gratuité des études postsecondaires au Canada.

«En février dernier, nous avons rencontré près de 200 députés et sénateurs pour leur présenter nos priorités en prévision du budget fédéral. Nous allons continuer à faire valoir notre point de vue car l’accès universel aux études universitaires et collégiales est très important pour former une main d’œuvre qualifiée qui pourra ensuite bénéficier à l’économie canadienne. Si on le fait déjà au niveau primaire et secondaire, pourquoi pas au niveau postsecondaire? Cela se fait déjà dans d’autres pays et ça marche.»

 

Étudiants francophones plus touchés

Sans vouloir revendiquer à haute voix la gratuité des études postsecondaires, le Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO) fait la même analyse, qui touche d’autant plus les étudiants franco-ontariens, selon l’organisme.

«L’Ontario est la province où les droits de scolarité sont les plus élevés au Canada et ils continuent d’augmenter de 3% par an. Notre objectif est donc de baisser ces frais. Car même si c’est une bonne nouvelle de voir les bourses augmenter, les sommes annoncées permettront seulement de payer quelques loyers et épiceries de plus, mais n’empêcheront pas l’endettement. C’est d’autant plus vrai pour les étudiants franco-ontariens qui doivent souvent se déplacer plus loin pour aller étudier en français et qui paient plus cher pour leurs manuels de cours… Nous souhaiterions que les bourses et les aides financières non-remboursables augmentent davantage et que les frais de scolarité diminuent pour permettre à tous les étudiants de faire leurs études sans s’endetter en moyenne de 37000$ après quatre ans de baccalauréat», explique la co-présidente Josée Joliat.

 

Deux projets pour le Humber College

Par ailleurs, en marge de cette annonce, la ministre Duncan a annoncé un financement pour deux projets d’infrastructure au Humber College de Toronto. Le collège recevra 15,49 millions $ pour son centre des technologies et de l’innovation et une enveloppe de 9,49 millions $ pour la mise en œuvre de son plan directeur intégré en matière d’efficacité énergétique. Cet investissement total, de l’ordre de 24,98 millions $ sera financé à hauteur de 21,68 millions $ par le gouvernement fédéral, tandis que le gouvernement de l’Ontario versera 3,3 millions $. Le Collège Humber financera la plus grande part de ces deux projets avec une somme additionnelle de 39,57 millions $.

Benjamin Vachet
Benjamin Vachet
bvachet@tfo.org @BVachet

Originaire de France, Benjamin Vachet vit au Canada depuis plus de dix ans. Titulaire d'un baccalauréat en Administration économique et sociale et d'une maîtrise de journalisme, il a commencé sa carrière en France, avant de la poursuivre au Canada. Il a travaillé pour les hebdomadaires Le Reflet, puis L’Express Ottawa et pour la radio francophone d’Ottawa, Unique FM. Il a rejoint le Groupe Média TFO en 2014. Passionné de politique ontarienne, fédérale et internationale, Benjamin cumule plus de treize années d’expérience en presse écrite, radio et télévision.